Cela s'est passé à Guivry le 23 Mai 1909
Pour arriver avant 9h00 à Appilly, nos archers ont certainement été bien matinaux.
Journal Le Réveil de l’Aisne du 26 mai 1909
« Nos Archers. Le Bouquet Provincial d’Appilly.
Par un concours heureux de circonstance, la fête du Bouquet
provincial et la fête patronale d’Appilly, coïncidaient avec la date du 23 mai
1909.
On avait pu craindre un moment qu’une autre coïncidence : celle des fêtes de Jeanne d’Arc à Compiègne n compromit le
succès des fêtes de l’arc dont Appilly était avant-hier, le théâtre très
coquet, mais les archers sont fidèles à la tradition, ils sont courtois et ne
déclinent jamais une invitation dans leur ronde où ils savent trouver en plus
de frères d’armes joyeux et pacifiques des amis sincères et des hôtes
charmants.
C’était bien le cas pour la riante commune d’Appilly, site
agréable et d’accès facile qui s’agrémente encore du château d’Estay, au vaste
et merveilleux parc hospitalier, que la nature semble avoir décoré tout
spécialement pour les fêtes de ce genre, et tout cela ne serait rien sans
l’aménité, sans la générosité, il faut le dire, et l’affabilité des habitants
de ce remarquable domaine : Mme la comtesse de Neuflieux et M. le général
de division Kirgener, baron de Planta.
Tout récemment nous avions le plaisir de vanter les
bienfaits de cette noble et distinguée famille à l’occasion de la bénédiction
du magnifique drapeau offert à la Compagnie d’arc d’Appilly par le général
Kirgener de Planta. Il nous a fait plaisir de nous retrouver avant-hier en
compagnie de cet homme unanimement estimé et des archers qu’il affectionne tout
particulièrement.
Malgré la chaleur déjà lourde à 9 heures du matin,
l’animation était grande dans la commune d’Appilly et, par les rues décorées de
verdure, de guirlandes et de banderoles aux inscriptions variées portant
chacune un salut cordial, un souhait de bienvenue, puis le nom des trois
compagnies solidaires : Guiscard-Appilly-Salency. Les archers, leur
famille, leurs invités, et les visiteurs très nombreux se répandaient en
groupes serrés.
Tambour battant, l’étendard déployé, chaque compagnie se
rendait aussitôt son arrivée à la mairie où les archers d’Appilly procédaient à
la réception ordinaire.
M. Victorice Trousselle, qui, depuis bientôt huit ans, fait
les fonctions de capitaine aux lieu et place du regretté M. Audaille qui était
souffrant et qui est mort précisément dans la nuit de dimanche à lundi,
recevait les délégations et leur souhaitait la bienvenue.
Aussitôt les formalités d’inscription remplies par le
greffier d’Appilly secondé par M. Ferdinand Lefèvre, membre de la compagnie,
les compagnies se rendaient rue du Frêne et tiraient les cartes d’essai. Ces
cartes furent gagnées : dans le grand jeu, par Blérancourt (1ère)
(1ère butte) et Salency (2ème butte) ; dans le jeu
d’amateurs, par Béthancourt-en-Vaux (1ère butte) et Coudun (2ème
butte).
A 10 h ¼ les tambours battaient le rappel et tout aussitôt
se formait, devant l’église, le cortège imposant, en tête duquel venaient les
tambours des compagnies conduits et dirigés par M. Jules Trousselle, excellent
tambour-major, puis l’Harmonie Municipale de Chauny, qui avait fait son entrée
dans la commune aux accents de la « Marseillaise » ; le clergé,
les deux magnifiques bouquets escortés et portés par un essaim de gracieuses
jeunes filles de la Compagnie d’Appilly, costumées de blanc et coquettement
parées d’une écharpe de soie mauve et d’une fleur de glycine piquée dans la
chevelure ; M. le général Kirgener, baron de Planta, président d’honneur
des fêtes et président de la ronde, M. Testart, maire, escorté de MM. les
membres du conseil municipal ; le drapeau de la Compagnie d’Appilly suivi
des Compagnies de Guiscard et Salency, puis les Compagnies dans l’ordre d’arrivée
et escortées d’un commissaire par dizaine.
Un quart d’heure plus tard le cortège se mettait en marche
et la Parade commençait : par la rue du Pont-Guillaume et la rue du
Moulin, elle gagnait le parc du château de Mme la comtesse de Mory de
Neuflieux, où avait lieu la grand’messe en plein air.
Au sommet d’un tertre dominant la pelouse, un magnifique
autel avait été dressé, à l’ombre de tilleuls magnifiques et de hêtres pourpres
remarquables ; les étendards, alignés sur deux rangs, formaient une allée
d’honneur du pied du tertre à l’extrémité de la pelouse, face à l’entrée du
château.
M. l’abbé Cochin, le très sympathique curé d’Appilly,
officiait.
A l’heure du prône, il adressa aux archers une très heureuse
allocution puis il témoigna au nom de tous, les sentiments de gratitude à Mme de
Mory de Neuflieux et au général Kirgener de Planta ; enfin, M. Leroux
félicita les jeunes filles dont la présence rehausse d’une façon éclatante,
toutes les fêtes de l’archerie et il remercia les musiciens, leur dévoué chef M. Bonnival et tous les archers venus si
nombreux à l’appel de leurs camarades d’Appilly.
Pendant la messe la quête fut faite par Mlles Fernande
Harlé, accompagnée par le général Kirgener de Planta, Marie Trousselle conduite
par M. Fontaine, capitaine de la Compagnie de Guiscard, Albertine Trousselle et
M. Pollet de Salency ; Marguerite Pilot et M. Lesage-Lemaire,
d’Ognes ; Clotilde Charmet et M. Fontaine, capitaine de Villeselve ;
Gabrielle Trousselle et M. V. Trousselle, officier de la Compagnie d’Appilly.
L’Harmonie Municipale s’est fait entendre pendant l’office à
la grande satisfaction du public qui avait trouvé dans le parc de nombreux et
confortables abris contre l’ardeur du soleil.
A l’issue de la messe le cortège se reforma devant le
château puis la parade continua par la rue des Haudoires, place de la Gare, rue
du Frêne, rue de la Mairie et rue de l’Eglise. En face l’église, point
terminus, eut lieu la dislocation et les discours d’usage.
Après que les jeunes filles eurent rentrés les bouquets,
l’un offert par la Compagnie de Guiscard aux jeunes filles d’Appilly, l’autre
offert par ces mêmes jeunes filles à leurs compagnes de Salency, M. V.
Trousselle se plaçant à la porte du cimetière, lut d’une voix ferme et avec une
diction très nette le discours suivant :
Monsieur le président,
Mesdames, Messieurs,
Au nom de la Compagnie
d’arc d’Appilly, je viens remplir auprès de vous une obligation bien
agréable : celle d’exprimer à tous notre sincère gratitude. Vous êtes
venus nombreux, très nombreux même à notre fête ; aussi sommes nous
flattés du plaisir et de l’honneur que vous nous faites aujourd’hui.
Si nos armes n’ont
plus leur crédit d’autrefois, il n’en est pas moins vrai qu’elles ont fait
leurs preuves, et abandonnant leur rôle à d’autres plus meurtrières, elles sont
devenues des instruments de luttes pacifiques ; que dis-je ? des
instruments de jeux et de divertissements à la fois honnêtes et moraux qui
forment de nos compagnies des écoles d’honneur, de loyauté et de patriotisme.
Je tiens à dire haut
combien nous sommes heureux de remercier Monsieur le général Kirgener, baron de
Planta, notre président d’honneur et lui renouveler nos plus vifs sentiments de
gratitude pour son inlassable charité et pour le don généreux de notre nouveau
drapeau que nous sommes fiers de voir flotter pour la première fois à notre
parade d’aujourd’hui.
Je dois un souvenir
spécial à Madame la comtesse de Mory de Neuflieux qui, voulant rehausser
l’éclat de notre fête religieuse, nous a fourni l’occasion d’assister à la
messe en un site vraiment ravissant. L’éloge de ses bontés à notre égard n’est
plus à faire ; nous lui adressons donc nos respectueux hommages et notre
parfaite reconnaissance.
Merci en particulier à
Monsieur le Maire et les membres du Conseil municipal qui, dans la circonstance,
nous ont aidé de leur précieux concours.
Quand à vous,
Mesdemoiselles, le charme de votre jeunesse vous réserve ici une place de
choix, nous vous la garderons dans notre souvenir.
U nom de la Compagnie,
je remercie également tous les donateurs qui ont contribué par leurs largesses
à mener à bonne fin notre prix général.
Merci à Messieurs les
musiciens qui ont mis nos cœurs en liesse par leur gracieuse harmonie. Sous
l’habile direction de leur chef distingué ils nous ont charmés ce matin, nous aurons
encore ce soir l’honneur et le plaisir de les entendre.
Enfin à tous ici
présents, merci ! et merci de tout cœur.
Tous les archers applaudirent, puis M. Loizel, président de
la Fédération prit la parole à son tour : il dit le plaisir que tous
avaient éprouvé de se rendre à Appilly pour les fêtes du Bouquet provincial et
du prix général ; il félicita les archers de cette commune et les
organisateurs de la fête, en particulier les officiers de la Compagnie d’Arc.
M. Loizel les complimenta de ce que tout avait été
parfaitement organisé ; il adressa ses hommages aux jeunes filles et enfin
exprima le salut cordial et le merci sincère de la Fédération aux archers et à
la population d’Appilly.
Une nouvelle salve d’applaudissements (salua ?) ces
paroles aimables ; ce fut alors le signal de la dislocation du cortège,
car l’heure du déjeuner avait sonné et les appétits étaient largement ouverts.
On se retrouva bientôt dans les différents cafés-restaurants
du village autour des nombreuses tables dressées dans les salles, sous des
vaux-halls ou sous des tentes. Chacun fit honneur aux mets abondants et bien
préparés qu’on arrosa d’excellent cidre. Quelques visiteurs ayant emporté leurs
provisions du « harnois » gagnèrent la prairie, près du canal, et firent
là un repas champêtre qui ne manqua pas de pittoresque et de charme non plus.
Après deux heures et demie de plein repos consacrées aux
douceurs du déjeuner en famille ou entre amis, MM. les capitaines se
retrouvèrent à la mairie pour la réunion traditionnelle. On commença par le
tirage au sort du rang de tir ; M. V. Trousselle fut prié d’extraire les
numéros de la sébile improvisée ; voici ce classement ainsi que le nombre
d’archers des Compagnies classées dans leur ordre d’arrivée :
Abbécourt, 9 archers, N°22. Esmery-Hallon, 1 archer, N°83.
Baboeuf (1ère), 13 archers, N°54. Montmacq, 4 archers, N°15.
Thourotte, A archer, N°57. Longueil-Annel (1ère), 2 archers, N°44.
Longueil-Annel (2ème), 1 archer, N°75. Tracy-le-Mont (1ère),
4 archers, N°19. Tracy-le-Mont (2ème), 4 archers, N°3. Noyon (Chemin
Vert), 6 archers, N°41. Vauchelles, 6 archers, N°77. Margny-les-Compiègne, 1
archer, N°14. Larbroye, 6 archers, N°87. Compiègne (2ème), 1 archer,
N° 23. Ribécourt, 14 archers, N°74. Ouscamps, 6 archers, N°52. Saint-Sauveur, 1
archer, N°48. Béthancourt-en-Vaux, 18 archers, N°21. Guiscard, 10 archers,
N°95. Baboeuf (2ème), 15 archers, N°27. Salency, 14 archers, N°40.
Roye (Somme), 1 archer, N°60. Ercheu, 1 archer, N°82. Guivry, 8 archers, N° 73.
Blérancourt (1ère), 7 archers, N°7. Bussy, 6 archers, N°84.
Blérancourt (2ème), 7 archers, N°90. Morlincourt, 6 archers, N°11. Villeselve,
7 archers, N°25. Nesle (Somme), 2 archers, N°16. Ugny-le-Gay, 6 archers, N°48.
Varesnes, 7 archers, N°30. Carlepont, 6 archers, N°51. Caillouël-Crépigny, 8
archers, N°47. Béhéricourt, 7 archers, N°35. Pontoise, 6 archers, N°28. Chauny
(1ère), 8 archers, N°26. Coudun, 1 archer, N°55. Marquivilliers, 1
archer, N° 70. Leuilly-sous-Coucy, 6 archers, N°34. Ognes, 12 archers, N°71.
Chauny (2ème), 13 archers, N°5. Camelin, 6 archers, N°46. Cuts, 6
archers, N°29. Montescourt, 11 archers, N°36. Soissons, 1 archer, N°56.
Villequier-Aumont, 6 archers, N°16. Commenchon (Demande le 2 juin), 9 archers,
N°94. Canny-sur-Matz (Sans drapeau), 1 archer, N°64. Lassigny, 1 archer, N°17. Berlancourt,
12 archers, N°37. Coucy-le-Château, 8 archers, N°6. Ham, 2 archers, N°81.
Hombleux, 1 archer, N°58. Bacquancourt, 1 archer, N°1. Béthisy-Saint-Pierre, 1
archer, N°38. Béthisy-Saint-Martin (1ère), 1 archer, N°53.
Béthisy-Saint-Martin (Francs-Archers), 1 archer, N°31. Thiescourt, 9 archers,
N°67. Beaulieu-les-Fontaines, 6 archers, N°67. Ville, 7 archers, N°39. Mélicoq,
2 archers, N°9. Choisy-au-Bac, 1 archer, N°4. Conchy-les-Pots, 1 archer, N°59.
Boulogne-la-Grasse, 1 archer, N°72. Rémy, 1 archer, N°2. Saint-Léger-Aux-Bois,
4 archers, N°50. Jaux, 1 archer, N°24. Berneuil-sur-Aisne, 1 archer, N°61.
Clairoix, 1 archer, N°20. Compiègne (1ère), 1 archer, N°68.
Pont-Sainte-Maxence (1ère), 1 archer, N°82. Ressons-sur-Matz (Vrais
Amis), 1 archer, N°12. Saint-Pierre-Montmartre, 1 archer, N°33.
Plus de 380 archers étaient présents à ce Bouquet !
Adhésions (par courrier). Beaugy, N°62. Grand-Fresnoy, N°80.
Tracy-le-Val, N°76. Vandelicourt, N°88. Eucuvilly, N°92. Villers-Bretonneux,
N°13. Vignement, N°8. Rollot (1ère), N°89. Amiens Fondamentale, N°69.
Marest-sur-Matz, N°63. Margny-aux-Cerises, N°45. Vailly (2ème),
N°79. Monchy-Humières, N°10. Cuise-la-Motte, N°85. Libermont, N°36. Fréniches,
N°66. Avricourt, N°63. Vic-sur-Aisne, N°18. Arvilliers (1ère), N°42.
Roye-sur-Matz, N°49. Margny-sur-Matz, N°93.
Guiscard et Salency devant tirer le vin du jardin d’office,
comme il est de coutume, le sort désigna Chauny-Ville 2ème (N°5)
avec Commenchon (N°94).
On procéda aussitôt à la nomination de la commission des
capitaines pour 1909 et qui se trouve composée de MM. V. Trousselle d’Appilly,
Fontaine de Guiscard, Pollet de Salency, Lesage d’Ognes et A. Lequeux de
Guivry.
M. Somon, capitaine de la Ronde, indiqua que 74 compagnies
avaient pris part à la parade et, qu’en outre, 21 avaient envoyé leur adhésion
par lettre.
La Compagnie de Canny-sur-Matz était venue sans drapeau.
Après le règlement de quelques questions purement
administratives, M. Somon donne la parole à M. Duchesne, capitaine de Chauny 2ème
qui demande à figurer sur les contrôles de la ronde et à être désignée en toute
circonstance sous le titre Chauny-Ville 2ème.
M. Dubois, roi de 1909, demande à l’assemblée et notamment à
M. Loizel, président de la Fédération, si Chauny 2ème peut également
s’appeler Chauny-Ville 2ème ?
Quelques capitaines déclarent que cette question ne doit pas
se discuter en réunion des capitaines et M. Bugnicourt ajoute :
« C’est là une question de personnalité ; c’est Bugnicourt
journaliste qui est visé ! » ( ??)
Ce n’est pas exact et il nous semble bien que le rédacteur
en chef du Réveil de l’Aisne était,
lui, personnellement visé comme journaliste quand M. Bugnicourt s’inscrivit
contre son admission dans la compagnie « Chauny 1ère ».
Mais M. Loizel coupe court à toute discussion ; il
reconnaît à Chauny 2ème le droit de s’intituler Chauny-Ville 2ème
et profite de la circonstance pour serrer la main du capitaine et du roi de
cette compagnie ; le président parle au nom de la concorde ; avant
tout, dit-il, Messieurs, nous sommes des archers. On applaudit et Chauny-Ville
2ème reçoit l’investiture officielle.
« C’est tout ce que nous demandions, conclut M.
Duchesne, et au nom de la compagnie je vous remercie tous très
sincèrement. »
Tout aussitôt M. Grégoire, de Commenchon, demande que sa
compagnie soit autorisée à venir tirer le 2 juin puis il pose au bureau la
question suivante :
Une compagnie d’arc peut-elle emprunter un chevalier à une
compagnie voisine pour se faire représenter à la parade et si ce
« délégué » fait une carte d’essai, à quelle compagnie appartient
cette carte ?
M. Loizel condamne cet agissement et ajoute qu’aucun
capitaine ne doit ignorer le règlement qui est formel à ce sujet.
M. Grégoire faisait allusion, au nom de ses collègues, à
l’incident de Remy (Oise). M. Loizel a déclaré que l’incident devait être
signalé par écrit au capitaine de Remy qui à son tour en informerait le
président de la ronde mais, conclut le président, le règlement sera appliqué.
D’ailleurs, comme il y a pas mal de questions à solutionner
en ce moment, M. Loizel dit que prochainement il convoquera tous les capitaines
de la ronde, en un point désigné, Chauny, peut-être et que là on solutionnera,
en une réunion spéciale, tous les litiges actuellement soumis à la juridiction
du bureau de la Ronde ; une circulaire sera adressée en temps voulu.
L’assemblée générale de la Ronde a lieu aussitôt. Il est 3 h
½ et comme plusieurs compagnies veulent repartir à 4h, force est d’abréger un
peu la séance.
M. Loizel président de la Fédération assite à cette
réunion :
M. Somon rappelle l’ordre de reddition du Bouquet :
1910 Salency ;
1911 Ognes ;
1912 Guivry ;
1913 Chauny-Ville (1ère).
Sur une observation de M. Thuillier, de Béthancourt, visant
Leuilly qui se trouve ne devoir rendre son prix que dans une dizaine d’années,
le capitaine de cette compagnie rappelle que l’ordre d’inscription résulte de
la constitutive de la Ronde, en 1902, ce qui reporterait le Bouquet de cette
Compagnie à l’an 1921 ou 1922.
Le président et M. Lesage, d’Ognes, observent que les
compagnies tiennent assez à conserver la tradition qui leur a fait recevoir, il
y a 20 ou 40 ans, le Bouquet de telle ou telle compagnie.
M. Loizel déclare : Il en sera ainsi tant que la
Fédération n’aura pas procédé à une nouvelle répartition des compagnies dans
les rondes de la Fédération pour égaliser ces rondes en nombre. Or la question
est à l’ordre du jour de la fédération.
Après que le président eut annoncé la reconstitution de la
compagnie de Berlancourt, il fut procédé au renouvellement de la délégation de
la Ronde à la Fédération.
Les anciens délégués, MM. Somon, Maquaire, Lequeux, de
Guivry, Thuillier, de Béthancourt, et Bugnicourt sont maintenus. M. Thuillier,
capitaine d’Abbécourt, remplace M. Crapet.
Les suppléants sont : MM. Grognot, capitaine de Coucy,
Baras, lieutenant de Caillouël, Oct. Duchesne, capitaine de Chauny-Ville 2ème,
Fontaine, capitaine de Guiscard et Duquesne, capitaine de Leuilly.
Une question est posée à propos du nombre de chevaliers des
compagnies de la ronde devant assister à la parade de ladite ronde. L’usage est
que cette délégation soit de six au minimum compris le tambour et le drapeau,
sans stipulation de distance, mais le règlement est muet sur cette condition.
Certains voudraient que le nombre soit réduit à quatre au-delà de 15
kilomètres. M. Thuillier, de Béthancourt proteste, le capitaine de Leuilly et
le secrétaire de la ronde se joignent à lui et ils font voir que cette décision
transformerait la parade des compagnies éloignées en un simple défilé de drapeaux.
Il est finalement décidé que l’usage sera conservé et aura force de loi.
A 4 h ½, l’Harmonie Municipale se rassemblait sur la place
de la gare, pendant que se tirait le vin du jardin mais un malencontreux orage
rapidement poussé par le vent d’Ouest assombrissait bientôt le ciel et une
averse obligeait musiciens et auditeurs à se réfugier au plus vite dans les
cafés voisins.
Une demi-heure plus tard la pluie cessait, le soleil
réapparaissait et aussitôt avait lieu le concert, à la grande satisfaction du public
qui ne ménagea pas ses applaudissements aux musiciens chaunois.
Enfin, à 6 h le bal commençait, ouvert par les demoiselles d’honneur et
toute la soirée la fête continuait pleine d’entrain. »