
Les "gadas", ainsi surnommait-on les habitants de Guivry, ont assisté à de nombreux évènements et bouleversements au cours des siècles. Vous trouverez ici des documents et informations sur l'histoire et la vie actuelle de ce petit village de l'Aisne et de ses habitants.
Ce blog est le votre, c'est vous qui le faites vivre. Sans votre mémoire et vos archives pour l'alimenter, il ne peut exister. Un grand merci à tous.
A la demande de certains, nous avons fait le choix de ne pas citer les propriétaires des documents afin qu'ils ne soient pas importunés.
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jeudi 23 avril 2009
GUIVRY - DES GADAS A L'ECOLE DE BEAUGIES-SOUS-BOIS EN 1958
Un petit tour par Beaugies-sous-Bois (Oise) en 1958, où quelques-uns de nos gadas sont allés à l'école.


vendredi 17 avril 2009
GUIVRY - INAUGURATION DU MONUMENT AUX MORTS ET DE LA MAIRIE-ECOLE - 02 AOUT 1925
Le 09 février 1922, le conseil municipal est unanime à déclarer le nécessité d’un monument en souvenirs aux enfants de Guivry morts pour la France. Des membres du conseil passeront dans chaque maison afin de réunir la somme nécessaire à l’achat du monument. Des manifestations diverses sont organisées au profit de ce futur monument.





Elèves de Guivry et Madame Latappy en 1925 devant l"école provisoire
Si nos morts furent vaillants, dit-il, c’est que l’école avait formé leur cœur comme leur cerveau ; leur sacrifice est d’un bel exemple pour les générations futures qui plus heureuses, il faut le souhaiter, ne connaîtront plus les terribles époques de l’invasion et de la destruction ; la commune de Guivry a envisagé sa reconstruction dès que les circonstances le lui ont permis, mais elle a considéré qu’il fallait d’abord penser à la maison d’école et l’inspecteur s’associe aux sentiments exprimés par M. Lequeux sous une forme aussi sensible.
C’est aussitôt l’occasion pour M. Riffaulx de rappeler quelques souvenirs ; il a refait un long historique de l’école de Guivry pendant la guerre et notamment en 1917 où un instituteur soldat, groupant les enfants dans une ancienne salle de bal, put reprendre l’instruction et l’éducation fortement compromises par les circonstances de la première occupation. Puis on arrive au mois de mars 1918 ; le 24, c’est l’évacuation précipitée, la zone menacée vient d’être envahie à nouveau.
Après l’armistice l’espérance renaît ; il reste un petit noyau d’habitants parmi lesquels le maire, qui s’empresse d’écrire à l’inspecteur pour lui demander l’envoi d’un instituteur à Guivry. C’est la réorganisation de la vie locale ; l’instruction va être donnée aux enfants qui en ont grand besoin ; voici l’école provisoire dont les baraques après maintes péripéties sont enfin habitables ; un peu partout des écoles marraines envoient des livres aux enfants ; Guivry semble avoir été oubliée, mais non ! l’Union des Femmes de France de Barcelone à qui l’inspecteur a signalé la commune, envoie un mobilier scolaire.
Nous voici en 1923, le local provisoire n’est plus bon ; il faut se hâter de construire du définitif ; au mois de juin de la même année, le projet Lisch est étudié puis adopté et voici Guivry dotée d’une école qui a vraiment belle allure et dont la disposition intérieure est judicieuse ; un compliment en passant à l’architecte, à l’entrepreneur et aux ouvriers ; un compliment également à ceux qui ont voulu que la maison commune soit digne de la population éprouvée.
La nouvelle mairie-école
Madame LATAPPY, institutrice à Guivry en 1925
Dans cette école les enfants recevront l’instruction essentielle ; ils ont en Mme Latappy une excellente maîtresse qui a fait ses preuves et que M. Riffaulx qualifie de « femme très méritante » puis l’orateur conclut ; à cette belle construction il faut votre âme collective pour que dans la paix sociale se poursuive le développement de nos institutions démocratiques.
Une charmante blondinette, Rolande Brunet, très crâne, gravit le perron et vient dire à M. Riffaulx un compliment au nom des écoliers de Guivry.
Monsieur l’inspecteur,
Au nom de mes camarades, je viens vous témoigner nos sentiments de vive gratitude et vous remercier d’avoir bien voulu nous faire l’honneur de présider à l’inauguration de notre école.
A la place du modeste baraquement, conséquence de la barbarie allemande, nous sommes heureux et fiers de voir s’élever cette école, gaie, accueillante, faite pour la joie et la santé et où l’effort ne peut être que plus facile.
C’est avec un sentiment de joie que nous en avons pris possession en nous promettant d’y travailler avec ardeur.
Ce sont ces promesses faites seulement à nous-même, que nous tenons à renouveler en ce jour.
Par notre travail, notre application, nous voulons continuer la tâche commencée par nos aînés et suivre ainsi la voie qu’ils nous ont si noblement et si généreusement tracée.
Du fond du cœur nous vous saluons, Monsieur l’inspecteur ; nous saluons aussi les autorités qui nous ont fait l’honneur de vous accompagner et nous vous disons, ainsi qu’à ceux qui ont contribué à faire édifier notre école : merci !
L’inspecteur écoute, fort intéressé par les paroles et la bonne diction de la fillette qu’il embrasse.
L’Harmonie Municipale de Chauny exécute alors la Marseillaise que toute l’assistance entend debout ; la Mairie-Ecole est officiellement inaugurée.
Le Monument aux Morts
Une stèle pyramidale de granit blanc sur un socle sobrement agrémenté ; une croix de guerre, une palme, aux faces opposées ; puis sur les deux autres faces, les noms de ceux dont on glorifie la mémoire et dont on veut perpétuer le souvenir.
Victimes militaires : Bonneterre Armel, Cardon Auguste, Carpentier Leon, Dantigny Maurice, Gentilini Etienne, Jadin Gabriel, Lalouette Paul, Lienard Jules, Lievrard Maurice, Mutel Albert, Poiret Fernand, Tardieux René, Target Georges.
PLAQUE COMMEMORATIVEVictimes civiles : Carpentier Albin, Carpentier Lucien, Duval Cyrille, Josse Fernand, Lienard Ernest, Sagnier François
Telles sont les deux listes que nous pouvons noter, le voile tricolore qui cachait le monument étant tombé.
Dès qu’apparaît « la pierre du souvenir » l’Harmonie joue la Marseillaise ; ensuite, la sonnerie « Aux Drapeaux » retentit et les étendards s’inclinent autour du monument saluant les noms des soldats et des civils également tombés pour la France ; l’instant est particulièrement impressionnant.
M. Colleau, secrétaire général de la Fédération des Anciens Combattants de l’Aisne, monte à la tribune érigée face à la stèle puis il prononce une vigoureuse et patriotique allocution que nous regrettons de ne pas reproduire faute de place : l’analyser serait lui ôter le meilleur de ce qu’elle contient puisqu’elle a fait vibrer à l’unisson tous les cœurs des anciens soldats de la longue et terrible guerre, comme aussi elle a réveillé chez de nombreux vétérans le souvenir de « l’autre » dont on ne parlait plus parce que c’était la consigne de penser seulement aux deux provinces perdues…





La tribune officielle
M. Colleau retrace la grande épopée ; les offensives, les résistances, les défaites partielles, les espoirs puis l’armistice et le traité de Versailles qui nous fut imposé par les puissances occultes qui dirigent la France.
Pour conclure, notre concitoyen pose la question à laquelle a fait récemment allusion la fédération interalliée des Anciens Combattants :
« Est-ce la civilisation qui tuera la guerre ou bien la guerre qui tuera la civilisation ? »
Ce discours terminé et chaleureusement applaudi, M. Colleau procède à la remise du drapeau à la section des Anciens Combattants de Guivry-Beaugies-sous-Bois ; M. Duval, président, le reçoit au nom de la section et le remet aux mains de M. Godard Désiré, mutilé de guerre, médaillé militaire et, à ce double titre, digne de porter l’emblème autour duquel les Anciens Combattants resteront désormais unis comme ils le furent pendant quatre ans face au danger.
Hélène LEQUEUX
Paul DUVAL, président de la section des Anciens Combattants de Guivry-Beaugies sous Bois
Nouvelle sonnerie « Aux Drapeaux » et voici Melle Hélène Lequeux qui vient au pied du monument, dire l’émouvant poème où chaque strophe est marquée d’une sonnerie de clairon : c’est le « réveil » pour qu’ils reviennent un instant parmi nous et voient que leur souvenir ne meurt pas en nous ; c’est le « garde à vous » les drapeaux sont là et derrière, les anciens tous groupés pour saluer ceux à qui la patrie a demandé le plus.
Enfin, c’est « l’extinction des feux » ; reprenez votre sommeil : sur votre tombe que de pieuses mains fleurissent la foule vient et prie…reposez en paix vous à qui nous devons tant de reconnaissance !
On sent qu’un même mouvement pathétique se traduit parmi les assistants ; cet appel des morts par une jeune fille incarnant toute la joie de vivre, tout l’espoir du pays a quelque chose d’intraduisible en la circonstance…
(Unissant dans la même pensée les victimes de la guerre et le fils de M. Lequeux, enlevé à l’âge de 16 ans à l’affection des siens, nous nous sommes inclinés devant l’énergie de cet homme, de ce père qui, après les heures douloureuses de la guerre et en plein effort de reconstruction de sa commune, a eu la profonde douleur de perdre l’enfant auquel il espérait confier plus tard, à l’heure du repos, son exploitation agricole.)
Achille LEQUEUX
Achille LEQUEUX pendant les discours (sur la gauche)
M. Lequeux, maire, le premier prend la parole.
Une averse d’abord supportable avait contrarié l’inauguration de la mairie ; elle n’avait été que passagère ; mais bientôt un vent violent amena l’ondée serrée, torrentielle, puis la grêle. Ce fut un « sauve-qui-peut » général et la chapelle provisoire, toute proche, abrita une partie du public où M. Maubant puis M. Accambray purent discourir pendant l’orage.
M. Damel clôtura la deuxième série de discours par un appel fort sensé à la paix, à l’union et à la concorde, s’en reposant à l’esprit de fraternité qui anima toujours les populations des campagnes et cette vieille race des travailleurs des champs dont la France a tant besoin.
M. Luc Lefevre, maire de Chauny avait orné la boutonnière de son veston d’un magnifique œillet rouge, l’œillet cher à Paul Déroulède, symbole à n’en pas douter des sentiments républicains et patriotiques de notre maire.
A l’occasion de son discours, M. Maubant parla de Jean Jaurès, longuement et de la guerre qu’il faut éviter par tous les moyens – parfait ! mais sans froisser les sentiments patriotiques de ceux qui fiers de leur double titre de poilus héroïque ont bien le droit de se grouper autour du drapeau national





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lundi 13 avril 2009
GUIVRY - PIERRE LOUIS DIDIER - UN GADA GUILLOTINE PENDANT LA REVOLUTION

Après avoir été arrêté, convaincu d’avoir tenu des propos et fait des écrits « tendant à anéantir la liberté », il est jugé par le tribunal révolutionnaire de Paris. Pierre avait eu la malencontreuse idée d’écrire, et il avait dit quelque part que la Convention nous avait mis dans un précipice. Il niait cette parole, mais on lui représenta un de ses écrits d’où l’on pouvait induire à peu près la même chose. Le procès verbal de son exécution a été dressé par un certain Hervé et contresigné par le greffier en chef Lécrivain.
Entrée du tribunal Révolutionnaire
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Le tribunal révolutionnaire est une instance juridique exceptionnelle destinée à juger les « ennemis » de la Révolution française. Créé à Paris le 10 mars 1793, ce tribunal a été l’un des principaux instruments du régime de terreur mis en place par Robespierre.
L’accusateur public Fouquier-Tinville est la figure marquante de ce tribunal. A ses cotés, Herman et Dumas président le tribunal. Les jurés peu actifs sont présents uniquement pour livrer des têtes au bourreau.
L’accusateur public Fouquier-Tinville est la figure marquante de ce tribunal. A ses cotés, Herman et Dumas président le tribunal. Les jurés peu actifs sont présents uniquement pour livrer des têtes au bourreau.
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Fouquier-Tinville
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Chatelet et Le Prieur, jurés au tribunal Révolutionnaire
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En 1793, les exécutions se sont multipliées, pendant la période appelée « La terreur légale ». La guillotine récemment inventée, première exécution en avril 1792, a favorisé le massacre. Le nombre des guillotinés à Paris diffère selon les sources et varie entre 2600 et 2800 personnes. En avril 1794, nous sommes dans la période appelée « La grande terreur ». Le rythme des exécutions s’accélère pour passer à une centaine d’exécutions par mois :
- Le 14 avril 1794, il y a 19 exécutions de « conspirateurs », dont le sans-culotte Chaumette, le général Dillon, l’épouse de Desmoulins et l’évêque défroqué Gobel.
- Le 18 avril 1794, 17 hommes et femmes accusés d’affamer le peuple sont exécutés.
- Le 20 avril 1794, 24 parlementaires sont guillotinés.
- Le 22 avril 1794, c’est au tour de Malesherbe, Le Chapelier et Thouret.
- Le 8 mai 1794, les 27 fermiers généraux dont Lavoisier sont exécutés.
- Le 10 mai 1794, Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI est exécutée.
- Le 23 mai 1794, c’est au tour de notre Gada Pierre Louis Didier d’être exécuté avec d’autres compagnons d’infortune. Il est guillotiné sur la place de la révolution à Paris.
- Le 14 avril 1794, il y a 19 exécutions de « conspirateurs », dont le sans-culotte Chaumette, le général Dillon, l’épouse de Desmoulins et l’évêque défroqué Gobel.
- Le 18 avril 1794, 17 hommes et femmes accusés d’affamer le peuple sont exécutés.
- Le 20 avril 1794, 24 parlementaires sont guillotinés.
- Le 22 avril 1794, c’est au tour de Malesherbe, Le Chapelier et Thouret.
- Le 8 mai 1794, les 27 fermiers généraux dont Lavoisier sont exécutés.
- Le 10 mai 1794, Madame Elisabeth, sœur de Louis XVI est exécutée.
- Le 23 mai 1794, c’est au tour de notre Gada Pierre Louis Didier d’être exécuté avec d’autres compagnons d’infortune. Il est guillotiné sur la place de la révolution à Paris.
Exécution sur la place de la Révolution
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Pierre Louis Didier a été enterré au cimetière des Errancis à Paris. Il fait partie des 1119 personnes décapitées place de la Révolution entre mars et juillet 1794 et qui ont toutes été inhumées dans ce cimetière.
Emplacement du cimetière des Errancis en 1794
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Le cimetière des Errancis doit son nom à un lieu-dit qui signifiait les « estropiés ». Il était alors situé à la campagne sur un terrain qui longeait le mur des fermiers généraux, dans le périmètre qui s’étend de nos jours du carrefour des rues des Rochers et de Monceau à la station de métro de Villiers. C’était un des cimetières de la période révolutionnaire.
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Plaque rue Monceau
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Ce cimetière a entièrement disparu lors du percement du boulevard Malesherbes. Tous les ossements furent transportés pêle-mêle dans les catacombes de Paris où ils se trouvent sans doute encore. Il serait impossible actuellement de retrouver une des personnes inhumées dans le cimetière des Errancis.
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